Principales données statistiques[1] 2015 2025
Prévalence estimée du diabète au Canada (nombre/%) 3,4 millions/ 9,3 % 5 millions/ 12,1 %
Prévalence estimée du prédiabète au Canada (nombre/%) (personnes de plus de 20 ans) 5,7 millions/ 22.1 % 6,4 millions/ 23.2 %
Coût estimé du diabète au Canada ($) 14 milliards 17.4 milliards
Augmentation estimée de la prévalence du diabète (%) Augmentation de 44 % entre 2015 et 2025
Augmentation estimée des coûts liés au diabète (%) Augmentation de 25 % entre 2015 et 2025

Impact du diabète

  • Les complications du diabète sont associées à un décès prématuré. On estime qu’en 2008-2009, un décès sur dix au sein de la population canadienne adulte était attribuable au diabète[2].
  • Comparativement à la population générale, les personnes diabétiques présentent un risque au moins trois fois plus élevé d’être hospitalisées en raison d’une maladie cardiovasculaire, un risque douze fois plus élevé d’être hospitalisées pour une maladie rénale au stade terminal et un risque 20 fois plus élevé d’être hospitalisées à cause d’une amputation non traumatique d’un membre inférieur[3].
  • Trente pour cent des personnes diabétiques présentent des symptômes dépressifs significatifs sur le plan clinique; les personnes atteintes de dépression voient leur risque de développer un diabète de type 2 augmenter d’environ 60 %3.
  • On estime que l’ulcération du pied touche 15 à 25 % des personnes atteintes de diabète à un moment ou un autre de leur vie. Un tiers des amputations réalisées en 2011-2012 ont été pratiquées sur des personnes se déclarant atteintes d’une plaie de pied diabétique[4].
  • Certaines populations présentent un risque plus élevé de développer un diabète de type 2, comme les personnes d’ascendance sud-asiatique, asiatique, africaine, hispanique ou autochtone, les personnes en surpoids, les personnes âgées ou les personnes à faible revenu. On relève des taux de diabète 3 à 5 fois plus élevés chez les peuples des Premières Nations qu’au sein de la population générale, une situation aggravée par les obstacles aux soins auxquels sont confrontés les peuples autochtones3.
  • Les Canadiennes et Canadiens diabétiques sont 57 % à signaler qu’ils ne sont pas en mesure de suivre le traitement qui leur a été prescrit en raison des coûts élevés qui sont à leur charge pour acheter les médicaments, appareils et fournitures nécessaires. Pour la plupart des gens, le coût de ces soutiens représente en moyenne plus de 3 % de leur revenu annuel, ou plus de 1 500 dollars[5].
  • Du fait de la stigmatisation ou par peur d’être stigmatisés, 37 % des Canadiennes et des Canadiens ayant un diabète de type 2 qui ont été interrogés par l’Association canadienne du diabète indiquent qu’ils hésitent à divulguer leur maladie[6].

Points saillants des politiques, programmes et services liés au diabète au niveau fédéral

  • Stratégie canadienne du diabète (SCD) : Créée en 1999 et dotée initialement d’un financement de 115 millions de dollars sur cinq ans, la SCD met l’accent sur la prévention et la prise en charge du diabète de type 2 et de ses complications. En 2005, la SCD devient une partie intégrante de la Stratégie intégrée en matière de modes de vie sains et de maladies chroniques, avec à la clé un financement complémentaire de 18 millions de dollars par an. La Stratégie met l’accent sur la promotion de la santé; sur la prévention de la maladie chronique par la réduction des risques chez les Canadiennes et Canadiens à risque élevé; et sur un soutien en vue de la détection précoce et du contrôle de la maladie chronique.
  • Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) : L’IDA s’emploie à accroître la sensibilisation au diabète au sein des Premières Nations, des Inuits et des Métis afin de réduire la prévalence et l’incidence de la maladie chez ces communautés à risque élevé. Dotée d’un financement initial de 58 millions de dollars pour la période 1999-2004, l’IDA voit son enveloppe portée à 190 millions de dollars pour la période 2005-2010. Santé Canada investit plus de 50 millions de dollars par an à l’appui de la troisième phase (2010-2015). L’IDA finance plus de 600 programmes destinés aux Autochtones qui vivent avec le diabète au Canada.
  • Système national de surveillance des maladies chroniques (SNSMC) : Le SNSMC constitue un réseau de collaboration entre des systèmes provinciaux et territoriaux de surveillance, avec le soutien financier de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Initialement, le système ne portait que sur le diabète; il était alors nommé Système national de surveillance du diabète (SNSD). Il concerne aujourd’hui d’autres maladies chroniques.
  • Poids santé : En 2010, la Déclaration sur la prévention et la promotion est appuyée par les ministres de la Santé du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux et territoriaux. Afin d’encadrer une approche collaborative et coordonnée visant la promotion du poids santé, les ministres de la Santé approuvent le cadre d’action Freiner l’obésité juvénile : Cadre d’action fédéral, provincial et territorial pour la promotion du poids santé, à travers lequel ils s’engagent à faire de l’obésité infantile une priorité commune.
  • En 2011, le Canada approuve une déclaration des Nations Unies portant sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles. Cette déclaration établit quatre grands types de maladies non transmissibles, à savoir le cancer, le diabète, les maladies respiratoires chroniques et les maladies cardiovasculaires.

Que signifie la Charte du diabète pour le Canada?

La Charte du diabète pour le Canada (la Charte) illustre avec clarté le type de soutien dont ont besoin les Canadiens et Canadiennes diabétiques pour réaliser pleinement leur potentiel de santé. Les engagements enchâssés dans la Charte tiennent compte des besoins uniques des personnes diabétiques du Canada.

Voici quelques exemples :

  • Le Canada accueille de nombreux immigrants provenant de populations qui présentent un risque plus élevé de développer un diabète de type 2. En 2011, les trois plus grands groupes minoritaires visibles (Sud-Asiatiques, Chinois et Noirs) représentaient 61,3 % de l’ensemble de la population des minorités visibles[7].
  • Les peuples autochtones représentent 4,3 % de la population canadienne[8]. Les groupes des Premières Nations, qui forment plus de 60 % de la population autochtone du Canada[9], présentent des taux de prévalence trois à cinq fois plus élevés qu’au sein de la population non issue de Premières Nations. Chez les Métis, la prévalence du diabète était de 7,3 % en 2008-2009, contre 5 % chez la population non autochtone[10].
  • Au Canada, plus de 60 % des adultes sont en surpoids ou obèses[11]. Près d’un tiers (31,5 %) des enfants et des adolescents sont en surpoids ou obèses[12].
  • On constate des écarts importants des taux de diabète et de prédiabète à l’échelle du Canada, les taux les plus élevés étant relevés dans les Provinces de l’Atlantique[13]. Ce sont aussi dans ces provinces que l’on trouve les plus fortes proportions de population rurale au Canada; or, les personnes diabétiques ont plus de difficultés à accéder aux soins dans les régions rurales que dans les régions urbaines[14].

La Charte met en avant le droit des personnes diabétiques à recevoir des renseignements, une éducation et des soins relatifs au diabète qui tiennent compte de leur culture et de leur langue. La Charte prévoit également que les personnes diabétiques ont le droit d’avoir accès à des soins de qualité, quel que soit leur lieu de résidence. La Charte souligne qu’il est de la responsabilité des gouvernements d’assurer un accès équitable à ces soutiens, et de répondre aux besoins uniques des populations vulnérables et aux disparités constatées en matière de soins et de résultats chez ces populations, chez qui la prévalence du diabète et des complications associées est plus élevée, et/ou qui se heurtent à des obstacles importants à l’obtention de soins et de soutien contre le diabète. Ces soutiens aideront les Canadiennes et Canadiens diabétiques à prendre en charge leur maladie et les complications qui y sont liées.



[1] Les estimations relatives au diabète au Canada sont générées à partir du Modèle canadien des coûts du diabète.

[2] Agence de la santé publique du Canada (2011). Le diabète au Canada : Perspective de santé publique sur les faits et chiffres. Ottawa (Ontario) : Agence de la santé publique du Canada. Document obtenu à http://www.phac-aspc.gc.ca/cd-mc/publications/diabetes-diabete/facts-figures-faits-chiffres-2011/index-fra.php

[3] Comité des lignes directrices de pratique clinique de l’Association canadienne du diabète (2013). Lignes directrices de pratique 2013 de l’Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada. Can J Diabetes, Vol. 37 (suppl. 5).

[4] Institut canadien d’information sur la santé (2013). Les plaies difficiles au Canada. Ottawa (Ontario) : Institut canadien d’information sur la santé. Document obtenu à https://secure.cihi.ca/free_products/AiB_Compromised_Wounds_FR.pdf

[5] Association canadienne du diabète (2011). The burden of out-of-pocket costs for Canadians with diabetes. En anglais seulement. Toronto (Ontario) : Association canadienne du diabète. Disponible à http://www.diabetes.ca/CDA/media/documents/publications-and-newsletters/advocacy-reports/burden-of-out-of-pocket-costs-for-canadians-with-diabetes.pdf

[6] Association canadienne du diabète (mars 2011). Diabète : Le Canada à l’heure de la remise en question. Le point de vue du public. Enquête nationale sur la population canadienne. Disponible à http://www.diabetes.ca/CDA/media/documents/publications-and-newsletters/advocacy-reports/environics-opinion-poll-report-french.pdf

[7] Statistique Canada. (2012). Immigration et diversité ethnoculturelle au Canada. Enquête nationale auprès des ménages, 2011. Document obtenu à http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99-010-x/99-010-x2011001-fra.pdf

[8] Statistique Canada. (2012). Les peuples autochtones au Canada : Premières Nations, Métis et Inuits. Enquête nationale auprès des ménages, 2011. Document obtenu à http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99-011-x/99-011-x2011001-fra.pdf

[9] Ibid.

[10] Agence de la santé publique du Canada (2011). Le diabète au Canada : Perspective de santé publique sur les faits et chiffres. Ottawa (Ontario) : Agence de la santé publique du Canada. Document obtenu à http://www.phac-aspc.gc.ca/cd-mc/publications/diabetes-diabete/facts-figures-faits-chiffres-2011/index-fra.php

[11] Statistique Canada.(2012). Composition corporelle des adultes canadiens, 2009 à 2011. Document obtenu à http://www.statcan.gc.ca/pub/82-625-x/2012001/article/11708-fra.htm

[12] Statistique Canada. (2012). L'embonpoint et l'obésité chez les enfants et les adolescents : résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2009 à 2011. Document obtenu à http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/141029/dq141029c-eng.htm  

[13] Association canadienne du diabète. (2011). Diabète: le Canada à l’heure de la remise en question – Tracer une nouvelle voie, pages 10-11.

[14] Statistique Canada. (2012). Population urbaine et rurale, par province et territoire (Canada), Recensement de 2011. Disponible à http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/demo62a-fra.htm