Les défenseurs des intérêts jouent un rôle important durant les élections.

En vous exprimant et en posant aux candidats des questions importantes à propos d’enjeux influant sur la vie des personnes vivant avec le diabète et touchées par cette maladie, vous pouvez susciter des changements importants en matière de services et de politiques.

Voici trois questions que vous pouvez poser à vos candidats, en personne, au téléphone, par courriel ou sur les réseaux sociaux pour aider à inscrire le diabète à l’ordre du jour des élections.

Êtes-vous favorable à l’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées en raison du lien entre une consommation élevée de ces boissons et le risque de développer un diabète de type 2?

Qu’est-ce qu’une boisson sucrée?

  • Les boissons sucrées comprennent les boissons gazeuses, les boissons énergétiques, les boissons aux fruits, la limonade et le thé glacé. Elles contiennent généralement 10 cuillères à thé de sucre, mais peu de nutriments.
  • Les boissons sucrées représentent désormais la plus grande source de sucre dans le régime alimentaire américain, ce qui est probablement également le cas au Canada.

En quoi est-ce important?

  • Une consommation excessive de boissons sucrées accroît le risque de développer un diabète de type 2, quel que soit le poids d’une personne.
  • Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque du diabète de type 2. La consommation de sucre est liée à la prise de poids. À l’heure actuelle, 60 p. 100 des adultes canadiens et un tiers des enfants âgés de 5 à 17 ans sont en surpoids ou obèses.

Cela sera-t-il efficace?

  • Le Mexique a récemment instauré une taxe de 10 p. 100 sur les boissons avec sucre ajouté, ce qui a entraîné une baisse des achats de ces boissons de 6 p. 100 en 2014.
  • D’autres gouvernements, dont la France et certaines régions aux États-Unis, taxent les boissons sucrées pour diminuer la consommation de ces produits et utilisent les recettes pour des activités de promotion de la santé.
  • L’ACD recommande d’utiliser les recettes fiscales ainsi générées pour promouvoir la bonne santé des Canadiennes et des Canadiens grâce à des programmes de gestion et de prévention du diabète.

Êtes-vous favorable à l’établissement d’un régime national d’assurance-médicaments afin d’offrir aux personnes atteintes de diabète et de complications connexes un accès aux médicaments dont elles ont besoin?

Qu’est-ce qu’un régime national d’assurance-médicaments?

  • Un régime national d’assurance-médicaments est un régime d’assurance financé et administré par l’État couvrant les médicaments sur ordonnance.
  • Actuellement, la couverture des médicaments sur ordonnance au Canada présente de fortes disparités. Les provinces sont uniquement tenues de financer les médicaments sur ordonnance administrés à l’hôpital et chacune gère différemment le financement des médicaments qui ne sont pas administrés à l’hôpital. Bien que de nouveaux régimes aient été progressivement créés dans les provinces, ils varient d’une province à l’autre.


En quoi est-ce important?

  • Les Canadiennes et Canadiens atteints d’une maladie chronique, comme le diabète, qui ne bénéficient pas d’une couverture publique ou d’une assurance privée peuvent devoir engager des dépenses personnelles élevées.
  • D’après un rapport de l’ACD publié en 2011, 57 p. 100 des personnes interrogées vivant avec le diabète étaient incapables de suivre leur traitement, y compris de respecter les médicaments prescrits, en raison du coût. Cette situation favorise l’apparition de complications graves liées au diabète. En outre, presque tous les Canadiens et Canadiennes diabétiques doivent acheter des médicaments onéreux, dont le coût total dépasse 1 500 dollars ou 3 p. 100 de leur revenu par an.
  • Au cours de la dernière décennie, les taux de complications majeures du diabète comme les maladies cardiaques et rénales ont été réduits de moitié, principalement en raison de l’utilisation de médicaments sur ordonnance. Pourtant, en raison d’obstacles liés au coût, tout le monde ne peut pas bénéficier de ces avancées en matière de santé.

Cela sera-t-il efficace?

  • À l’exception du Canada, tous les pays développés ayant un système de santé universel ont un régime d’assurance-médicaments universel, ce qui est notamment le cas en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Norvège et en Suède.
  • Un régime national d’assurance-médicaments permettrait de réduire l’ensemble des dépenses gouvernementales et privées en médicaments sur ordonnance de 7,3 milliards de dollars par an.

Allez-vous étendre la portée du crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) en l’accordant aux personnes atteintes de diabète de type 1?

Qu’est-ce que le CIPH?

  • Le CIPH est un crédit d’impôt non remboursable qui permet de réduire l’impôt sur le revenu. Si elles remplissent les critères d’admissibilité, les personnes qui ont une déficience grave et prolongée de leurs fonctions physiques ou mentales peuvent demander le crédit d’impôt pour personnes handicapées.
  • Pour être admissible, une personne doit notamment consacrer 14 heures par semaine à un traitement de survie. Les personnes atteintes de diabète de type 1 consacrent un plus grand nombre d’heures à la gestion de leur diabète, mais de nombreuses activités, comme le contrôle de la glycémie, ne sont pas admissibles.


En quoi est-ce important?

  • En général, c’est durant l’enfance qu’une personne reçoit un diagnostic de diabète de type 1. Il s’ensuit une gestion quotidienne et à vie de la maladie, qui exige notamment de surveiller sa glycémie, de calculer sa dose d’insuline et de se l’administrer.
  • Le fardeau financier supplémentaire lié à la nécessité d’engager des dépenses personnelles peut considérablement entraver une gestion optimale de la maladie.
  • L’autogestion du diabète est d’une grande complexité, exige des efforts et un temps considérables et peut comprendre jusqu’à 600 étapes chaque jour, le processus d’injection d’insuline représentant à lui seul 40 étapes.
  • Les activités admissibles au CIPH liées à l’insulinothérapie ne couvrent pas intégralement les activités ou le temps nécessaires pour calculer la dose d’insuline et s’administrer quotidiennement de multiples injections d’insuline.

Cela sera-t-il efficace?

  • L’inclusion dans les critères du CIPH de toutes les activités liées à l’insulinothérapie respecterait l’esprit du programme, qui est d’alléger quelque peu le fardeau de la gestion d’une thérapie essentielle au maintien de la vie.
  • Étendre la portée du CIPH permettrait d’accorder à toutes les personnes atteintes de diabète de type 1 une aide et une équité financières. Le coût estimatif de cette initiative est compris entre 100 et 150 millions de dollars, soit un faible montant par rapport aux 14 milliards de dollars dépensés par les gouvernements canadiens pour traiter tous les types de diabète.

La Charte du Diabète pour le Canada

Les différents points soulignés par l’ACD dans le cadre des élections ont été élaborés dans le contexte de la Charte du diabète pour le Canada. La Charte s’appuie sur les principes directeurs suivants :

  • veiller à ce que les personnes qui vivent avec le diabète soient traitées avec dignité et respect;
  • plaider pour l’accès équitable à des soins et des soutiens de qualité contre le diabète;
  • améliorer la santé et la qualité de vie des personnes vivant avec le diabète et de leurs aidants.

La Charte souligne que les gouvernements ont la responsabilité :

  • d’élaborer des politiques et des plans globaux en matière de prévention, de diagnostic et de traitement du diabète et de ses complications;
  • de garantir un accès équitable aux soins, à l’éducation, aux médicaments prescrits, aux appareils et aux fournitures à tous les Canadiens et Canadiennes, quel que soit leur revenu ou leur lieu de résidence;
  • de répondre aux besoins uniques des populations vulnérables et aux disparités constatées en matière soins chez ces populations, chez qui la prévalence du diabète et de ses complications est plus élevée, et qui se heurtent à des obstacles importants à l’obtention de soins et de soutien.