Le diabète et le prédiabète au canada : 29 p. 100 des Canadiens sont actuellement concernés à l’échelle nationale

En 2015, 3,4 millions de Canadiennes et Canadiens (soit 9,3 p. 100 de la population) ont reçu un diagnostic de diabète. Un million de personnes supplémentaires vivent avec le diabète sans le savoir car le diagnostic n’a pas été établi. En outre, 5,7 millions de Canadiennes et Canadiens présentent un prédiabète[i], [ii]. Ainsi, à ce jour, sur une population totale de 37 millions de Canadiennes et Canadiens, plus de 10 millions de personnes vivent avec le diabète ou le prédiabète.

Le fait que le nombre de Canadiennes et Canadiens recevant un diagnostic de diabète atteindra 5 millions de personnes (soit 12 p. 100 de la population) d’ici à 2025 est encore plus inquiétant. À ce jour, 29 p. 100 des Canadiens vivent avec le diabète (diagnostiqué ou non) ou le prédiabète au Canada, mais ce sera 33 p. 100 de la population en 2025 si rien n’est fait pour inverser la tendance actuelle[iii].

Le diabète a un coût pour toute la société

Le diabète est l’une des principales causes de cécité, d’insuffisance rénale terminale (IRT) et d’amputation non traumatique chez les adultes canadiens. Les décès dus à une maladie cardiovasculaire (MCV) sont deux à quatre fois plus fréquents chez les personnes atteintes de diabète que chez les personnes non atteintes. Les personnes diabétiques présentent un risque au moins trois fois plus élevé d’être hospitalisées en raison d’une MCV, 12 fois plus élevé d’être hospitalisées pour une IRT et au moins 20 fois plus élevé d’être hospitalisées à cause d’une amputation non traumatique d’un membre inférieur, comparativement à la population générale[iv].

Le coût du diabète pour notre système de santé et notre économie s’élèvera à 14 milliards de dollars en 2015 et à 16 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Si nous ne passons pas à l’action, le diabète menacera non seulement la vie d’un plus grand nombre de nos concitoyens, mais aussi la viabilité de notre système de santé et la prospérité de notre économie. Les complications représentent 80 p. 100 des coûts associés au diabète[v].

Au Canada, aucune région ou population n’est épargnée par le diabète. Même si le Canada atlantique est le plus touché, les provinces où la prévalence est la plus faible enregistrent les taux de croissance du diabète les plus élevés. Les Autochtones, les immigrants, les personnes de certaines origines ethniques et les personnes à faible revenu sont les plus touchés par le diabète[vi].

Le diabète a également un coût pour les personnes qui vivent avec la maladie. En plus de constituer un fardeau physique et émotionnel, le diabète a aussi un poids financier. L’accès aux médicaments, aux appareils et aux fournitures pour personnes diabétiques, ainsi que leur abordabilité, varient en fonction du lieu de résidence au Canada et des programmes et services publics disponibles. Les dépenses personnelles demeurent un obstacle majeur pour de nombreuses personnes atteintes de diabète.

La Charte du diabète pour le Canada : rôle du gouvernement

L’Association canadienne du diabète a publié la Charte du diabète pour le Canada le 7 avril 2014. Les principes directeurs suivants ont présidé à l’élaboration de la Charte par l’Association canadienne du diabète :

  • Veiller à ce que les personnes qui vivent avec le diabète soient traitées avec dignité et respect.

  • Promouvoir l’accès équitable à des soins et soutiens de qualité contre le diabète.

  • Améliorer la santé et la qualité de vie des personnes qui vivent avec le diabète et de leurs aidants.

Aux termes de la Charte, les gouvernements ont la responsabilité :

  • d’élaborer des politiques et des plans globaux en matière de prévention, de diagnostic et de traitement du diabète et de ses complications;

  • de garantir un accès équitable aux soins, à l’éducation, aux médicaments prescrits, aux appareils et aux fournitures en matière de diabète à tous les Canadiens et Canadiennes, quel que soit leur revenu ou leur lieu de résidence;

  • de répondre aux besoins singuliers des populations vulnérables et aux disparités constatées en matière de soins et de résultats chez ces populations, chez qui la prévalence du diabète et des complications associées est plus élevée, et qui se heurtent à des obstacles importants à l’obtention de soins et de soutien contre le diabète.

Un appel à l’action : Le gouvernement fédéral doit jouer un rôle clé pour endiguer le tsunami que représente le diabète

Même si tous les ordres de gouvernement ont un rôle crucial à jouer pour améliorer la santé des personnes diabétiques ou présentant un risque de diabète, il est essentiel que le gouvernement fédéral exerce un leadership pour faire en sorte que tous les Canadiens et Canadiennes atteints de diabète ou de prédiabète bénéficient d’un accès équitable à des soutiens, des services et des soins d’excellente qualité.

L’Association canadienne du diabète exhorte tous les partis politiques fédéraux à prendre les engagements suivants :

  1. Instaurer une taxe sur les boissons sucrées compte tenu du lien évident entre la consommation excessive de ces boissons et le diabète de type 2.

  2. Établir un régime national d’assurance-médicaments afin d’offrir aux personnes atteintes de diabète et de complications connexes un accès aux médicaments dont elles ont besoin.

  3. Étendre la portée du crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) en l’accordant aux personnes vivant avec le diabète de type 1.

  

Première priorité : Les parties politiques fédéraux doivent s’engager à instaurer une taxe sur les boissons sucrées et utiliser les recettes générées pour promouvoir la santé des canadiennes et canadiens.

Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque du prédiabète, du diabète de type 2 et du diabète gestationnel[vii]. Environ 60 p. 100 des adultes canadiens[viii] et un tiers des enfants et des jeunes âgés de 5 à 17 ans sont en surpoids ou obèses[ix]. Les enfants obèses courent plus de risques de rester en surpoids ou obèses à l’âge adulte[x]. Le diabète de type 2 est diagnostiqué de manière plus précoce que jamais auparavant, et de plus en plus souvent chez des enfants[xi].

L’apport en sucre a augmenté à l’échelle internationale, passant d’une moyenne de 218 kilocalories par personne et par jour en 1960 à plus de 280 kilocalories par personne et par jour dès 2013. En tenant compte d’un taux de pertes d’aliments de 30 p. 100, ces apports caloriques dépassent la limite quotidienne recommandée par l’American Heart Association, qui est de 150 kilocalories pour les hommes et 100 kilocalories pour les femmes. Ces apports proviennent principalement du sirop de maïs à haute teneur en fructose contenu dans les boissons sucrées, mais on trouve du sucre ajouté dans toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire[xii].

Si aucun lien direct n’a été établi entre la consommation de sucre et le risque de développer un diabète de type 2, il est fréquent que les aliments hautement transformés, à haute valeur énergétique et à forte teneur en calories contiennent d’importantes quantités de sucres libres. La consommation de ces aliments à haute teneur en sucres libres entraîne souvent un apport calorique excessif, ce qui conduit à un gain pondéral. Étant donné le lien établi entre le diabète de type 2 et le surpoids et l’obésité, et compte tenu de la relation entre un apport calorique excessif et la prise de poids, la consommation de sucre doit être mûrement réfléchie par toutes les personnes qui essaient de contrôler leur poids et leur risque de diabète.

« Le Comité partage les craintes de nombreux spécialistes qui prédisent que les enfants d’aujourd’hui formeront la première génération depuis des siècles à obtenir de moins bons résultats que la génération précédente sur le plan de la santé et à avoir une espérance de vie moins longue que celle de leurs parents.

(…) les enfants consomment trop de calories. (…) Le lien entre l’obésité et la consommation accrue de boissons sucrées est particulièrement dérangeant. On estime que les boissons sucrées pourraient être responsables d’une prise de poids représentant jusqu’à une livre par mois chez les adolescents. »

- Des enfants en santé : une question de poids. Rapport du Comité permanent de la santé, mars 2007

Les boissons sucrées incluent les boissons gazeuses, les boissons énergétiques, les boissons aux fruits, la limonade, les boissons au café de spécialité et le thé glacé. Elles contiennent de fortes quantités de sucre ajouté et leur teneur en nutriments est faible. Une seule portion de boisson gazeuse (p. ex. de des boissons non diététiques) contient à peu près 40 grammes (environ 10 cuillères à thé) de sucre.

De nombreux chercheurs ont examiné l’impact des boissons sucrées et l’incidence du diabète de type 2. Si aucun lien direct n’a été établi entre la consommation de sucre et le risque de développer un diabète de type 2, un certain nombre de données probantes crédibles montrent désormais qu’une consommation élevée de boissons sucrées peut entraîner un risque de développer un diabète de type 2[xiii], [xiv], [xv], [xvi]. En outre, il existe certains éléments de preuve préliminaires concernant la consommation de boissons sucrées et le risque de diabète gestationnel[xvii].

À l’échelle internationale, certains gouvernements sont intervenus politiquement pour influer sur la consommation de boissons sucrées. Le Mexique, la France, ainsi que certains États des É.-U. et d’autres régions d’Europe, ont instauré des taxes sur les boissons sucrées dans le but de décourager la consommation et d’investir les recettes dans des initiatives de promotion de la santé. D’après les résultats préliminaires de l’expérience menée au Mexique, où une taxe supplémentaire de 10 p. 100 a été appliquée sur les boissons non lactées et non alcoolisées contenant du sucre ajouté, les achats ont diminué de 6 p. 100 en 2014 par rapport aux tendances enregistrées avant l’instauration de la taxe. Ces résultats ont été constatés dans tous les groupes socioéconomiques et se sont accompagnés d’une augmentation de la consommation d’eau.

« Une corrélation a été établie entre la consommation habituelle de boissons sucrées et une incidence accrue du diabète de type 2, [indépendamment de la masse adipeuse].

(…) d’après les estimations, la consommation actuelle de boissons sucrées entraîne environ 2 millions de cas supplémentaires de diabète de type 2 aux É.-U. et 80 000 au R.-U. sur 10 ans. Les coûts afférents pourraient s’élever à près de 12 milliards de livres sterling aux É.-U. et 206 millions de livres sterling au R.-U. » [Traduction libre.]

- The British Medical Journal (BMJ), juillet 2015

Deuxième priorité : L’Association canadienne du diabète recommande d’établir un régime national d’assurance-médicaments afin d’offrir aux personnes atteintes de diabète et de complications connexes un accès aux médicaments dont elles ont besoin, et d’économiser des fonds publics.

L’accès égal et en temps opportun à des médicaments est un enjeu important pour les 16 millions de Canadiennes et de Canadiens atteints d’une maladie chronique[xviii], comme le diabète et ses complications (p. ex. les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, l’insuffisance rénale, l’amputation d’un membre, la cécité et la dépression). En effet, 90 p. 100 des Canadiennes et Canadiens atteints d’une maladie chronique prennent au moins un médicament sur ordonnance, et 54 p. 100 d’entre eux en prennent quatre ou plus[xix].

Dans la mesure où les produits pharmaceutiques non administrés à l’hôpital ne sont pas couverts par la Loi canadienne sur la santé, il se peut que les Canadiennes et Canadiens atteints d’une maladie chronique qui ne bénéficient d’aucun régime particulier de couverture publique (p. ex. l’aide sociale, les prestations aux aînés, etc.) ou d’assurance privée (employeurs ou autres sources) doivent engager des dépenses personnelles élevées. Ces dépenses peuvent constituer un obstacle important à l’observance d’une prescription médicamenteuse : environ 10 p. 100 seulement de l’ensemble des Canadiennes et Canadiens n’ont pas suivi un traitement médicamenteux en raison du coût, alors que c’est le cas pour 23 p. 100 des personnes atteintes d’une maladie chronique[xx]. À l’échelle nationale, seule une personne sur dix a du mal à payer ses médicaments même si elle bénéficie d’une assurance, tandis qu’une personne non assurée sur quatre rencontre ce genre de problème. Les personnes atteintes d’une maladie chronique qui doivent engager des dépenses récurrentes pour payer leurs médicaments sont celles qui éprouvent le plus de difficultés[xxi].

« Comme j’ai désormais une fille à élever, je suis prête à payer le fardeau financier supplémentaire, car je veux être à ses côtés. Si je ne paie pas ces coûts de ma poche, je la prive d’une mère à l’avenir. »

- Stacey Livitski, défenseure de la cause du diabète, juillet 2015

Ces coûts sont particulièrement élevés pour les personnes atteintes de diabète et de complications, dont la plupart doivent acheter des médicaments onéreux (> 1 500 $ ou 3 p. 100 du revenu personnel annuel). En conséquence, bon nombre de ces personnes ne respectent pas les prescriptions, ce qui compromet la gestion de leur diabète et favorise l’apparition de complications[xxii].

Bien que les provinces aient élargi la prise en charge des personnes à faible revenu ou pour lesquelles le coût des médicaments est élevé, il n’existe aucun régime coordonné au plan national[xxiii]. Il en résulte « un fouillis de régimes publics et privés où la protection de chacun n’est plus fondée sur les besoins : elle dépend plutôt de l’endroit où les gens vivent, de l’emploi qu’ils occupent, ainsi que des moyens financiers de chaque personne et de chaque famille »[xxiv] .

Au cours de la dernière décennie, les taux de complications majeures du diabète comme la crise cardiaque, l’amputation et l’insuffisance rénale ont été réduits de moitié. Cette amélioration est presque intégralement attribuée à l’adoption d’une médecine fondée sur des données probantes[xxv]. Malheureusement, tout le monde ne peut pas bénéficier de ces avancées, dans la mesure où environ 24 p. 100 des Canadiennes et Canadiens n’ont pas d’assurance-médicaments et à peu près deux tiers des ménages doivent engager des dépenses personnelles dans le cadre de leurs prescriptions[xxvi].

Les auteurs d’une étude récente estiment que la mise en place d’un régime national d’assurance-médicaments permettrait à la fois de répondre aux besoins des Canadiennes et Canadiens en matière d’accès aux médicaments et d’économiser des fonds publics et privés. À l’exception du Canada, tous les pays développés ayant un système de santé universel ont également mis en place un régime d’assurance-médicaments universel, ce qui est notamment le cas en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Norvège et en Suède. Les dépenses publiques et privées pour les médicaments sur ordonnance pourraient être réduites de 7,3 milliards de dollars par an. La baisse des coûts consécutive aux économies d’échelle réalisées dans le cadre de la négociation des prix permettrait de faire des économies[xxvii].

« Je vis avec le diabète de type 2 et j’ai besoin d’insuline depuis plusieurs années. J’ai la chance d’avoir un revenu confortable et je paie une prime d’assurance pour améliorer le régime d’assurance-médicaments déjà satisfaisant de mon employeur. Cette couverture m’aide à maîtriser les dépenses liées à la gestion de mon diabète.

Pourtant, chaque fois que je paie la quote-part sur les ordonnances dont j’ai besoin pour rester en bonne santé, je pense au fardeau financier que cette maladie représenterait si je n’avais pas de couverture. J’ai plus de chance que les milliers de Canadiennes et de Canadiens qui doivent chaque jour choisir entre nourrir leurs enfants et acheter des médicaments indispensables. Aucun Canadien ne devrait jamais se retrouver dans cette situation. »

- Rob Beck, défenseur de la cause du diabète, juillet 2015

Troisième priorité : L’Association canadienne du diabète exhorte tous les partis fédéraux à s’engager à étendre la portée du crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) accordé aux personnes pour lesquelles l’administration d’insuline est essentielle au maintien de la vie, en accordant ce crédit à tous les Canadiens et Canadiennes atteints de diabète de type 1.

Lorsqu’une personne reçoit le diagnostic de diabète de type 1, généralement à un jeune âge, la prise en charge de sa maladie pour le restant de sa vie commence. Cette prise en charge se traduit par des activités directement reliées au calcul de chaque dose d’insuline essentielle au maintien de la vie, lesquelles consistent notamment à surveiller fréquemment sa glycémie ainsi qu’à calculer sa dose d’insuline et à se l’administrer. La complexité des activités d’autogestion du diabète, ainsi que les efforts et le temps qu’elles exigent, sont souvent sous-estimés. La gestion du diabète de type 1 peut comprendre jusqu’à 600 étapes chaque jour, le processus d’injection d’insuline représentant à lui seul environ 40 étapes[xxviii].

L’inclusion de l’insuline en tant que traitement de survie dans les critères d’admissibilité au crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) vise à fournir un soutien financier aux personnes insulinodépendantes. Cependant, l’accès au CIPH est nettement inéquitable pour les personnes atteintes de diabète de type 1. Selon les critères d’admissibilité, une personne traitée par insulinothérapie peut être admissible si un médecin certifie qu’elle a besoin de ce traitement au moins trois fois par semaine et qu’elle consacre en moyenne au moins 14 heures par semaine à des activités liées au calcul de chaque dose d’insuline qu’elle doit s’administrer plusieurs fois par jour. Toutefois, seules les activités suivantes peuvent actuellement être comptabilisées dans ces 14 heures : la surveillance du taux de glucose dans le sang et la tenue à jour d’un livret de contrôle en la matière; la préparation et l’administration de l’insuline; et le calibrage de l’équipement.

À l’heure actuelle, la plupart des adultes atteints de diabète de type 1 ne sont pas admissibles au CIPH car le temps nécessaire pour les activités supplémentaires liées à la gestion de leur insulinothérapie ne peut pas être comptabilisé. La plupart des enfants atteints de diabète de type 1 sont, jusqu’à l’âge de 18 ans, admissibles au CIPH, dans la mesure où la Loi de l’impôt sur le revenu permet de comptabiliser dans les 14 heures le temps que les parents consacrent aux activités autorisées. L’admissibilité au CIPH entraîne également l’admissibilité au régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI). Toutefois, comme les activités autorisées liées à l’insulinothérapie qui font partie des critères d’admissibilité au CIPH ne représentent pas adéquatement les activités ou le temps nécessaires pour administrer quotidiennement de multiples injections d’insuline, les adultes ne peuvent pas bénéficier du crédit d’impôt, et ce, même s’ils y étaient admissibles pendant leur enfance. En conséquence, les familles qui ont investi dans un REEI pour financer l’avenir de leurs enfants et qui assument le fardeau de la gestion d’une maladie chronique et de ses complications voient leur plan d’épargne résilié au 18e anniversaire de leurs enfants. Les personnes atteintes de diabète de type 1 consacrent bien plus de 14 heures par semaine à des activités liées à leur insulinothérapie en plus de celles qui sont actuellement autorisées. Cette restriction liée à l’insulinothérapie donne lieu à une inégalité d’accès au CIPH.

L’inclusion dans les critères du CIPH de toutes les activités liées à l’insulinothérapie respecterait l’esprit et l’objet du programme, qui sont d’alléger quelque peu le fardeau que représente une thérapie essentielle au maintien de la vie. Le coût estimatif pour 2015 est compris entre 100 et 150 millions de dollars, ce qui n’est rien à côté du coût du diabète au Canada cette même année, qui s’élèvera à près de 14 milliards de dollars[xxix]. Ce crédit d’impôt accorderait également aux personnes diabétiques une aide et une équité financières qui leur permettraient d’autogérer leur maladie de façon optimale.

« L’examen de cette politique d’annulation et d’obligation de remboursement des contributions gouvernementales pourrait contribuer largement à aider les personnes atteintes de diabète de type 1 qui sont susceptibles d’avoir des complications graves à l’avenir, comme une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, l’amputation d’un membre, la cécité et l’insuffisance rénale, et qui espèrent donc que le REEI leur apportera le soutien nécessaire au moment voulu. »

- Lettre du 14 janvier 2015 adressée à l’honorable Joe Oliver, ministre des Finances, par le député James Rajotte, président du Comité permanent des finances de la Chambre des communes



[i] Source : Le Modèle canadien des coûts du diabète, élaboré pour l’Association canadienne du diabète par la société Informetrica Limited, utilise les données du Système national de surveillance du diabète (SNSD) et l’approche proposée dans le rapport Le fardeau économique de la maladie au Canada (FEMC) pour calculer la prévalence et l’impact économique du diabète au Canada. Voir : Association canadienne du diabète. Un tsunami économique : le coût du diabète au Canada, 2009; https://www.diabetes.ca/CDA/media/documents/publications-and-newsletters/advocacy-reports/economic-tsunami-cost-of-diabetes-in-canada-french.pdf.

[ii] Il y a prédiabète lorsqu’une personne présente une glycémie élevée, mais pas aussi élevée que dans le cas d’un diabète de type 2. Au Canada, environ la moitié des personnes vivant avec le prédiabète développent un diabète de type 2 au cours de leur vie.

[iii] Association canadienne du diabète. Diabète : le Canada à l’heure de la remise en question – Tracer une nouvelle voie, 2011; https://www.diabetes.ca/CDA/media/documents/publications-and-newsletters/advocacy-reports/canada-at-the-tipping-point-french.pdf.

[iv] Association canadienne du diabète. Lignes directrices de pratique clinique pour la prévention et le traitement du diabète. Canadian Journal of Diabetes, 2013; http://guidelines.diabetes.ca/.

[v] Modèle canadien des coûts du diabète. Voir : Diabète : le Canada à l’heure de la remise en question – Tracer une nouvelle voie.

[vi] Ibid.

[vii] Lignes directrices de pratique clinique 2013 de l’Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada.

[viii] Statistique Canada. Enquête canadienne sur les mesures de la santé. Composition corporelle des adultes canadiens, 2009 à 2011. Ottawa (Canada) : 2012; http://www.statcan.gc.ca/pub/82-625-x/2012001/article/11708-fra.htm.

[ix] Roberts KC, Shields M, de Groh M, Aziz A et Gilbert J. « L’embonpoint et l’obésité chez les enfants et les adolescents : résultats de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2009 à 2011 ». Rapports sur la santé, 2012, vol. 23, n° 3, p. 3-7.

[x] Serdula MK, Ivery D, Coates RJ, Freedman DS, Williamson DF et Byers T. « Do obese children become obese adults? A review of the literature. » Preventive Medicine, 1993, vol. 22, n° 2, p. 167-177.

[xi] Lignes directrices de pratique clinique 2013 de l’Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada.

[xii] Basu S, Yoffe P, Hills N et Lustig RH. « The Relationship of Sugar to Population-Level Diabetes Prevalence: An Econometric Analysis of Repeated Cross-Sectional Data ». PLOS ONE, 2013, vol. 8, n° 2 : e57873.

[xiii] Dans leur méta-analyse, Wang et ses collaborateurs ont estimé que le risque accru de diabète est 1,3 fois supérieur en cas de consommation importante de boissons sucrées qu’en cas de consommation faible (IC à 95 p. 100 : 1,12 à 1,39). Ce risque est resté le même après ajustement en fonction de l’IMC. Voir : Coleman-Jensen A, Nord M, Andrews M et Carlson S. « Household Food Security in the United States in 2010 ». Département de l’Agriculture des États-Unis, 2011.

[xiv] Des données tirées du projet InterAct de l’European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC) (enquête prospective européenne sur le cancer et la nutrition) financé par l’Union européenne, qui a mobilisé 26 centres de recherche dans huit pays européens, ont également montré que dans les modèles ajustés, la consommation quotidienne d’une boisson gazeuse sucrée de 336 g (12 oz) est corrélée à un risque relatif (RR) de diabète de type 2 s’élevant à 1,22 (IC à 95 p. 100 : 1,09 à 1,38). Après d’autres ajustements en fonction de l’apport énergétique et de l’IMC, le lien entre les boissons gazeuses sucrées et le diabète de type 2 s’est confirmé (RR : 1,18; IC à 95 p. 100 : 1,06 à 1,32). Voir : The InterAct consortium. « Consumption of sweet beverages and type 2 diabetes incidence in European adults: results from EPIC-InterAct ». Diabetologia, 2013, vol. 56, n° 7, p. 1520-1530.

[xv] Imamura et ses collaborateurs ont récemment effectué un examen prospectif du lien entre la consommation de boissons sucrées et le diabète de type 2. Ils ont également estimé la fraction étiologique du risque aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il apparaît qu’une consommation plus importante de boissons sucrées entraîne une augmentation de l’incidence du diabète de type 2, de l’ordre de 18 p. 100 et de 13 p. 100 par portion et par jour, respectivement avant et après ajustement en fonction de l’adiposité. Voir : Imamura F, O’Connor L, Ye Z, Mursu J, Hayashino Y, Bhupathiraju SN et Forouhi NG. « Consumption of sugar sweetened beverages, artificially sweetened beverages, and fruit juice and incidence of type 2 diabetes: systematic review, meta-analysis, and estimation of population attributable fraction ». The BMJ, 2015, vol. 351 : h3576.

[xvi] Voir également : Malik VS, D.Sc., Popkin BM, Bray GA, Després JP, Willett WC et Hu FB. « Sugar-Sweetened Beverages and Risk of Metabolic Syndrome and Type 2 Diabetes: A meta-analysis ». Diabetes Care, novembre 2010, vol. 33, n° 11, p. 2477-2483; et Sonestedt E, Øverby NC, Laaksonen DE et Birgisdottir BE. « Does high sugar consumption exacerbate cardiometabolic risk factors and increase the risk of type 2 diabetes and cardiovascular disease? » Food & Nutrition Research, 2012, vol. 56 : 19104.

[xvii] Chen et coll. ont fait part des résultats de la Nurses’ Health Study II (étude sur la santé des infirmières II), qui a évalué l’impact des boissons sucrées sur le diabète gestationnel (DG). Cette vaste étude prospective a révélé qu’il existe une corrélation importante et incontestable entre le cola et le risque de DG, après ajustement en fonction des facteurs de risque connus du DG incluant l’âge, les antécédents familiaux de diabète, la parité, l’activité physique, l’usage du tabac, la consommation d’alcool, l’IMC et les habitudes alimentaires occidentales. Le risque de DG est supérieur de 22 p. 100 chez les femmes consommant cinq portions ou plus de cola sucré par semaine par rapport à celles qui en consomment moins d’une portion par mois. Voir : Département de l’Agriculture des États-Unis. « Access to Affordable and Nutritious Food: Measuring and Understanding Food Deserts and Their Consequences », 2009.

[xviii] Académie canadienne des sciences de la santé. Comment transformer les soins offerts aux Canadiens souffrant de maladie chronique, Ottawa : ACSS, 2010; http://www.cahs-acss.ca/wp-content/uploads/2011/09/cdm-final-French.pdf.

[xix] Conseil canadien de la santé. Comment les Canadiens plus malades atteints de maladies chroniques évaluent-ils le système de soins de santé?, Toronto : CCS, 2011; http://publications.gc.ca/collections/collection_2011/ccs-hcc/H173-1-6-2011-fra.pdf.

[xx] Ibid.

[xxi] Law, M. R., Cheng, L., Dhalla, I. A., Heard, D. et Morgan, S.G. « The Effect of Cost on Adherence to Prescription Medications in Canada », Journal de l’Association médicale canadienne, 2012, vol. 184, no 3, p. 297-302.

[xxii] Association canadienne du diabète. The Burden of Out-of-Pocket Costs for Canadians with Diabetes, Toronto : CDA, 2011; http://www.diabetes.ca/documents/get-involved/17973-Out-of-Pocket%20Costs-Report_final_sm_Sep12.pdf.

[xxiii] Conseil canadien de la santé. Rapport de progrès 2011 : Renouvellement des soins de santé au Canada, Toronto : CCS, 2011;

http://www.healthcouncilcanada.ca/tree/2.45-2011Progress_FRA.pdf.

[xxiv] Centre canadien de politiques alternatives. Argumentaire économique pour un régime universel d’assurance-médicaments. Ottawa : CCPA, 2010; https://www.policyalternatives.ca/sites/default/files/uploads/publications/National%20Office/2010/09/assurance_medicaments.pdf.

[xxv] Gregg, E.W. et coll. « Changes in Diabetes-Related Complications in the United States, 1990–2010 », New England Journal of Medicine, 17 avril 2014; http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1310799.

[xxvi] Voir les notes xxi et xxiv.

[xxvii] D’après cette étude, un régime d’assurance-médicaments public et universel permettrait de réduire les dépenses totales liées aux médicaments sur ordonnance au Canada de 7,3 milliards de dollars (4,2 milliards de dollars dans le pire des cas et 9,4 milliards de dollars dans le meilleur des cas). Le secteur privé économiserait 8,2 milliards de dollars (6,6 milliards de dollars dans le pire des cas, 9,6 milliards de dollars dans le meilleur des cas). Les dépenses du gouvernement augmenteraient d’environ 1,0 milliard de dollars (augmentation nette de 5,4 milliards de dollars dans le pire des cas, économies nettes de 2,9 milliards de dollars dans le meilleur des cas). L’augmentation prévue des dépenses gouvernementales proviendrait principalement d’un petit nombre de classes de médicaments. Morgan, Steven G., Law, Michael, Daw, Jamie R., Abraham, Liza et Martin, Danielle. « Estimated cost of universal public coverage of prescription drugs in Canada », Journal de l’Association médicale canadienne, 16 mars 2015; http://www.cmaj.ca/content/early/2015/03/16/cmaj.141564.

[xxviii] Coffen, R.D. « The 600-step program for type 1 diabetes self-management in youth: The magnitude of the self-management task », Postgraduate Medicine, 2009, vol. 121, no 5, p. 119-139.

[xxix] Voir : Association canadienne du diabète. Mémoire de l’Association canadienne du diabète au Comité permanent des finances de la Chambre des communes dans le cadre du processus prébudgétaire 2015; http://www.parl.gc.ca/Content/HOC/Committee/412/FINA/WebDoc/WD6615327/412_FINA_PBC2014_Briefs%5CCanadianDiabetesAssociation-8945975-f.pdf.